Les enfants de Weln IV.

Les marais n’étaient pas un lieu propice aux balades, les quatre voyageurs rencontrèrent tout de suite de grandes difficultés pour s’y faire un chemin.

Soit, la terre s’enfonçait sous leurs pieds, soit l’eau la recouvrait et menaçait de les noyer. Parfois ils trouvaient quelques coins secs, mais infestés de bêtes avec qui ils devaient se battre pour en obtenir le territoire, si petit fût-il.

Aussi, au bout de trois jours, parce qu’ils n’en pouvaient plus d’avancer au hasard, ils mirent à profit ce qu’ils avaient appris dans le désert et joignant les mains en une ronde fraternelle, demandèrent en cœur :

« Sage des marais, entendez notre prière, nous souhaitons vous rencontrer pour l’avenir de Weln ! »

Ils n’eurent pas longtemps à attendre, dans la brume, semblant flotter, ils aperçurent un vieil homme sur une barque à fond plat. L’homme s’approcha lentement et lorsqu’il fut arrivé près d’eux, leur demanda de l’eau.

Ils s’empressèrent de lui tendre leurs gourdes, puis lorsqu’il eut fini de se désaltérer, lui demandèrent :

« Êtes-vous le sage des marais ? »

L’homme rit de bon cœur et les yeux pleins de malice, déclara :

« Je vie dans les marais et je suis vieux, est-ce que cela fait de moi un sage ? Vous seul pouvez en décider ! En attendant, appelez-moi Mouhame. »

Donc, bien qu’il ait l’air et l’attitude d’un vieux fou, les quatre voyageurs lui racontèrent leur histoire et finirent par :

« Savez-vous où se trouvent nos enfants respectifs ? » Ce à quoi Mouhame répondit :

« Ils ont trouvé un foyer qu’il leur convient et ils sont heureux à présent. »

Alors, tous s’indignèrent et c’est Jouron qui ouvrit le bal :

« La fille du roi était heureuse, elle avait tout ! » Mouhame dit :

« Tout et rien, sont une seule et même chose. »

Jaelix surenchérit :

« Nos fils veulent suivre la voie des armes ! » Ce à quoi Mouhame répondit :

« Un homme et un guerrier sont deux individus à part entière. »

Sébilaine s’emporta : « Nos filles aiment à vivre avec leurs sœurs ! » Alors Mouhame déclara :

« L’amour est libre choix, sinon il se nomme : possessivité. »

Fennir tenta d’être plus ouvert : « Le fils de Vancelas vivait dans la grandeur de son père ! » Et Mouhame d’intervenir encore :

« L’ombre fait dépérir les plantes. »

Ce qui laissa les quatre émissaires sans voix, mais enfin Mouhame les réconforta :

« Allons, allons, votre courroux ne devrez pas vous aveugler plus longtemps, puisque je vous dis que les enfants sont rentrés. Ils sont heureux à présent. »

« Haa ! » S’exclamèrent-ils en cœur.

Ils le saluèrent et partir sans perdre de temps. Le voyage de retour ne fut pas trop difficile, car ils étaient guidés par la promesse que l’ordre était de nouveau en Weln.

***

Fennir le Vampire retrouva les siens le premier. Il fut comblé d’apprendre que Vancelas et son fils ne se quittaient plus et que c’est lui qui devrait attendre pour reprendre son enseignement auprès de l’enfant.

Sébilaine l’Amazone, fut acclamée par ses sœurs, la petite fille avait réintégré un nouveau clan et là-bas on disait d’elle, qu’elle était la plus prometteuse des guerrières.

Jaelix le Chevalier Crinière passa les portes du Nèvals et la trompette annonça le commencement d’une grande fête. Pendant deux nuits et deux jours, ce fut chants, danses, ripailles et jeux sous les feux d’artifice.

Jouron lui, fut un peu surpris par l’attitude de son roi. Il réclamait sans cesse la présence de sa fille à ses côtés. Jouron s’était dit que ces manières étaient dues aux toutes nouvelles retrouvailles puis, en voyant l’enfant il comprit. C’était bien les louves qui leur avaient joué un tour, elle n’était pas Elryne, mais une autre qu’il ne connaissait pas. Comme les paroles du Sage résonnaient encore à ses oreilles, il comprit.

« Tu es Léna, n’est-ce pas ? » L’enfant le regarda les yeux suppliants :

« Je savais bien que tu me reconnaitrais, mère est au courant, elle a accepté la chose, car elle savait qu’Elryne était malheureuse, et toi, grand frère, peux-tu en faire autant ? »

Jouron fut touché par la sincérité de l’enfant, il la prit dans ses bras et déclara :

« Oui, je t’accepte comme ma sœur, car elle je n’ai pas su l’aimer et je voudrais me racheter. »

Jouron sut taire sa langue, son frère était mort à la guerre et depuis il avait vieilli. La sagesse était à présent sa fidèle conseillère. Les enfants avaient trouvé leur vraie place et leur bonheur était maintenant assuré. Il prit des nouvelles des autres et fut tout à fait en paix. Ainsi avaient agi les Louves, ainsi les avaient guidés les Dolk, ainsi avait parlé le Sage des marais et ensemble, avaient changé le monde.

***

L’histoire ne dit pas ce qu’il advient des Dolk à la fin de leur centième année, ni si les quatre voyageurs décidèrent que Mouhame était un sage ou un fou. Ils étaient d’accord pour s’entendre sur le fait qu’il leur avait joué un drôle de tour, mais ils étaient tellement heureux de retrouver leur place dans leur clan respectif et de voir que tout le monde se portait bien qu’ils ne firent aucun commentaire sur l’échange des enfants. Aucun d’eux ne sut le rôle qu’avait joué Maldi et l’Arpenteur dans cette histoire ni que les Licornes de l’ombre avaient aidé à cacher les enfants pendant leur échange. Et même si des proches découvrirent la supercherie, il ne s’en trouva pas un pour remettre en cause leur nouveau bonheur.

Jouron apprit à connaitre sa nouvelle sœur et s’attacha très fortement à elle. Fennir eut le meilleur des élèves qu’il puisse espérer. Jaelix se dévoua aux enfants de son clan avec beaucoup plus d’entrain et n’hésita pas à défendre ceux qui ne désiraient pas devenir Chevalier. Et Sébilaine, lorsqu’elle eut l’heureuse surprise de se voir confier un bébé, resta très attentive à son bien-être. Chacun avait évolué, chacun gardait en lui le merveilleux voyage où il avait tant appris des autres aussi différents soient-ils.

***

Ainsi se termine cette histoire. Sur les terres de Weln, cohabitent différents clans et différents peuples, d’eux dépendent son avenir et quatre enfants ont fait le serment de s’en souvenir...

Sandre TOARiiN mai 2008

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