Les enfants de Weln III.

Au levé de Yareach , Fennir monta très haut dans le ciel et revenant vers le groupe leur annonça qu’ils n’étaient plus qu’à deux nuits de leur objectif.

Le jour se fit et le Prince Jouron se transforma en ours pour sentir la mer. Enfin les embruns lui parvinrent malgré l’éloignement. Aussi ils prirent la plus courte direction. Le Vampire Fennir était juché sur Jaelix et lui signalait les sables mouvants, il lui indiquait aussi lorsqu’il y avait de la vie dans les parages. Alors, ils évitaient les scorpions des sables et les araignées jaunes, mais traquaient les lézards de feu et les vipères sans corne.

Le soir, ils avaient toujours fait d'agréables repas malgré leur maigre pitance, car le Chevalier Jaelix était un expert en art culinaire. Il savait exactement comment s’y prendre avec chaque animal et tout était parfaitement accommodé. L’amazone Sébilaine avait fait la difficile les premiers temps, mais aux sixièmes jours, elle avait partagé ses propres victuailles avec le groupe. Finalement, ces hommes n’étaient pas des mauvais bougres, et accomplir la même quête aidait beaucoup. Le Prince Ours faisait toujours son autoritaire et ne voulait jamais qu’ils le regardent se métamorphoser. Le Vampire, le pauvre malgré ses yeux bandés souffrait énormément, mais il était un très bon diplomate et savait calmer les esprits quand le goût de l’affrontement titillait Jaelix et Sébilaine. Le chevalier restait très fier, il voulait toujours en faire plus que les autres, il fallait le flatter dans ce sens sinon, il aurait été jusqu’à l’épuisement pour qu’on le remarque. L’amazone elle, forçait l’admiration des autres, car elle ne se plaignait jamais de la soif, bien qu’elle passe le plus clair de son temps à chanter où à fredonner. Elle était en quelque sorte celle qui donnait la cadence et en même temps ses chants, énonçant toujours la forêt et les arbres millénaires, leur apportaient distraction et une touche de fraicheur. Un soir, ils lui demandèrent de chanter pour la lune qui s’élevait à l’horizon et qui promettait d’être pleine. Chacun la vénérait, et tous la désiraient pour eux même, revendiquant que leur façon de faire était celle qui convenait pour rendre grâce à l’astre.

Cette nuit-là pourtant, tous furent d’accord, l’Amazone chanta parfaitement l’amour de tous les peuples de Weln à son encontre. Ils furent si touchés que pour une fois il n’y eut pas de débats, leur union était bonne et leur cœur battait à l’unisson.

Au petit matin, Fennir le vampire ressentit la force de la magie du Réï, et avoua qu’il ne pensait pas qu’ils trouveraient le village. Effectivement Jouron, le Prince Ours avait reniflé l’eau sous le sable, et très vite ils l’atteignirent la mer sans voir une seule habitation. Jaelix était prêt à jeter l’éponge, car ils ne savaient de quel côté partir. La plage s’étendait à perte de vue comme un nouvel obstacle à leur voyage. Il se sentait si triste qu’il en aurait perdu l’espoir de revoir les enfants, si l’amazone n’avait proposé une chose toute simple :

« Et s’il nous suffisait de demander tous ensemble que le village se dévoile ? »

Ils se regardèrent, puis se réunir, et Fennir énonça, alors qu’ils liaient leurs mains en une ronde fraternelle :

« Peuple de Dolk, entendez notre prière, nous souhaitons vous rencontrer pour l’avenir de Weln. » Instantanément, ils ressentirent une présence.

« Bonjour, dit une petite voix, vous cherchez quelqu’un ? »

« Oui répondit le chevalier, nous cherchons les Guerrier-mages Dolk »

Alors, la petite fille tendit les bras vers lui et disparut en un tourbillon d’énergie bleuté.

« L’air vient de se charger d’humidité. » remarqua Fennir,

« J’ai du sel sur les lèvres ! » Nota Sébilaine,

« Et moi de l’eau au bout des doigts. » Annonça Jaelix.

« C’est l’eau de mer ! » s’exclama Jouron.

Alors, ils dirent en cœur :

« Les Dolk y sont liés ! »

***

Ils avaient enfin découvert le village tant recherché. Ils étaient assoiffés, ils étaient fatigués, mais ils étaient heureux, bientôt très bientôt, ils rêveraient leurs enfants respectifs. Alors, ils aperçurent quelques bambins qui se comportaient étrangement. Ils se tenaient sur une jambe et figés comme des statues, prenaient le soleil. Les quatre voyageurs s’étaient abrités sous un auvent devant une maison et restaient perplexes, quand une femme s’approcha deux munis d’un plateau. Elle leur proposa du thé et ils prirent chacun une tasse, ravis de se désaltérer. Avant même de se présenter, Fennir ne put s’empêcher de demander :

« Que font ces enfants ? Ils vont attraper une insolation à rester ainsi sous le soleil ! » Alors, la femme répondit amusée :

« Ils jouent à celui qui perdra le premier. »

« Et cela fait longtemps ? » « Ils sont comme ça depuis ce matin. Ne vous inquiétez pas, leurs mères vont les appeler pour manger et si personne n’a perdu, ils recommenceront cet après-midi sur l’autre jambe. »

Tous restèrent sans voix devant cet étrange jeu, mais ils commencèrent à comprendre d’où venaient la grande patience et la ténacité légendaire des Guerrier-mages Dolk.

« Vous êtes un Prince Ours, et vous un Chevalier Crinière, je reconnais sans mal une Amazone Carapace, mais vous je ne saurais dire ? »

La femme qui leur avait porté du thé s’adressait à Fennir aussi il se précipita de répondre pour rattraper leur manque de politesse :

« Le sixième Vampire du Spiror, Fennir pour vous servir, vous salut ! Gente dame, je vous prie d’accepter mes remerciements pour votre thé et de bien vouloir accepter aussi nos excuses conjointes pour notre intrusion en votre village. »

Il s’était incliné devant elle et fini sur cette phrase :

« Le motif de notre présence parmi vous et de la plus grande importance, nous recherchons quatre enfants disparus. »

Il se redressa et nota qu’elle avait perdu son air amusé :

« Ne bougez pas, je préviens tout le monde. »

Elle s’éloigna et ils la suivirent du regard. Elle entra dans une maison puis quand elle réapparut tout le village sembla sortir en même temps qu’elle pour venir vers eux. Celui qui paraissait être le plus âgé leur sourit puis les pria de le suivre. Les enfants avaient cessé leurs jeux et couraient devant eux. Ils s’arrêtèrent à la mer et sans un mot tout le monde se mit en ligne. Alors aidés du patriarche, ils passèrent la foule, sagement alignée au bord de l’eau, en revue.

« Voici Galoud, notre dernier né dans les bras d’Iriane. Maëlenn et sa cadette Mindy avec leur mère Rodlima. Viennent ensuite les garçons Karmoil, Donsen et Neef. Trois, quatre et cinq ans. Voici…»

Sébilaine surprise se permit d’intervenir :

« Vous avez un enfant par an ! »

Le patriarche s’arrêta et se tournant vers elle, dit :

« Oui, il y a actuellement des absents entre la quinzième et la trente-troisième année, aussi nous ne sommes que soixante-douze. Peut-être préférez-vous que je compte tout simplement. »

Fennir se frappa le front, car comme les autres il comprenait que les enfants n’étaient pas là, il dit pour excuser son geste :

« Nous sommes honorés de vous rencontrer et nous vous remercions de vous présenter ainsi à nous. Mais nous ne voulons pas abuser de votre temps, il nous suffit de regarder vos enfants pour voir que les nôtres ne sont pas avec eux. Il ne vous manque personne n’est-ce pas ? »

« Non effectivement, nous sommes tous liés ! »

Jouron impatient s’empressa de demander :

« Savez-vous ce qui a bien pu arriver aux nôtres ? »

« Maintenant que je suis au courant de leur disparition, je peux sentir qu’ils sont en vie, mais je ne peux répondre à votre question. »

L’homme avait véritablement l’air désolé, aussi Jaelix demanda, à son tour :

« Connaissez-vous quelqu’un qui puisse nous aider ? »

Le visage du vieil homme devint tout d’un coup rayonnant :

« Oui, bien sûr ! »

***

Ils s’étaient remis en route. Comme pour une dernière marche. Ils ne disaient plus rien, ils avaient peur d’être à nouveau déçus. Alors quand ils atteignirent l’extrémité ouest de la mer des Dolk, Fennir n’y tint plus et lança tout haut ce que tout le monde pensait tout bas :

« Il me semble que nous avons fouillé Weln en vain, ce sage est notre dernier espoir ! »

Jaelix trouva la force d’ajouter :

« Le sage à une réponse pour chaque question, il nous répondra ! »

Sébilaine et Jouron approuvèrent :

« Il est notre ultime recours ! »...

Prochainement : les enfants de Weln IV

Sandre TOARiiN mai 2008

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