Les enfants de Weln I.

Sur les terres de Weln cohabitaient différents clans et différents peuples. Il était dit qu’ils étaient tous liés, mais parfois, pour qu’ils n’oublient leur complémentarité, ils étaient mis à l’épreuve…

***

L’histoire commence dans le château du roi des Princes Ours. Ce grand homme capable de se transformer aussi facilement que ces fils, ne le faisait pourtant pas souvent. Il semblait préférer remplaçer cet exercice par de magistrales poussées de colère :

« Comment ! »

Le roi Dovon était tout rouge. Sa femme se courbait devant lui et ses conseillers avaient reculé.

« Que l’on prévienne mon plus cher fils, qu’il parte sur-le-champ retrouver ma fille ! »

Jouron avait enfourché sa monture et s’était éloigné au grand galop en direction de la forêt des arbres millénaires. La petite Elryne était la seule fille du roi, elle ne pourrait jamais se transformer en Ourse, mais elle était destinée à engendrer de beaux garçons. Dans tout le royaume, on accusait les Amazones, mais les conseillés Dolk démentaient. Le roi, depuis la guerre, ne pouvait être sourd à leurs paroles. Comme ils n’avaient pas d’explication à donner, il préférait attendre des nouvelles de son fils le plus vaillant et le plus sage.

Le roi Dovon appelait tous les Princes Ours, ses fils. Dès qu’un jeune homme se révélait capable de se transformer, il se retrouvait au service de son roi. Il devait apprendre l’art du combat avec comme instructeur, un mage, mais néanmoins guerrier, un célèbre Dolk. Ils deviendraient les défenseurs de Weln en cas d’attaque.

Jouron était lui, réellement le fils du roi, il avait perdu son frère jumeau à la guerre et depuis son père ne se confiait qu’à lui. Il espérait beaucoup que sa sœur puisse l’aider dans sa tâche et apprendre sa disparition l’avait profondément meurtri. Aussi, il galopait à bride rabattue vers un des campements des Amazones carapaces. Il était bien décidé à abattre tous les obstacles qui se mettraient sur son chemin.

***

Jouron laissa sa monture à l’entrée du bois. Celle-ci se mit à paître, il n’y avait rien de meilleur que l’herbe des plaines des Licornes de l'ombre. Jouron s’avança en grande hâte dans la forêt. Il fit l’effort, tout de même, de récolter les trois graines d’un grand chêne pourpre et de les mettre en terre. Son offrande faite, il prit le chemin du campement. Il savait où trouver la grande gardienne, car depuis la mort de son frère Gorim, il avait eu beaucoup d’entretien avec elle. S’il pouvait pardonner, lui qui avait perdu son frère, les autres pourraient oublier leur ressentiment. Ensemble, ils montraient que la paix était vraiment revenue en Weln. En apprenant à se connaitre et en tissant des liens, ils donnaient l’exemple et ramenaient le calme dans l’esprit de leurs combattants respectifs.

Une amazone servait, elle, d’ambassadrice auprès du Haut fléau et un Chevalier Crinière s’entrainait avec les futurs Princes Ours. Aussi Jouron était confiant, il devait s’agir d’une erreur commise par un petit clan. L’autorité de Trailna la Grande Gardienne le ferait rentrer avec sa sœur, le jour suivant. Seulement les choses ne se passèrent pas comme il l’avait souhaité. Trailna avait été avertie de sa visite et avait déjà réuni toutes les amazones de la forêt. Jouron en fut heureux jusqu’à ce qu’il apprenne, qu’elles aussi avaient perdu une enfant.

« Mes filles ont fouillées de la cime des arbres aux moindres terriers, Léna à disparut et nous n’avons pas trace d’Elryne ! »

« Quel complot se trame, qui aurait intérêt à nous voir nous déchirer ? »

« Prince Jouron, allons demander conseil aux licornes ! »

Tous ensembles, ils se postèrent à l’orée de la forêt des arbres millénaire. Leur nombre leur permettait d‘entourer de leur regard la plus belle plaine des Licornes de l’ombre. Ils attendirent la nuit et quand les premiers rayons de la lune virent s’échouer à leurs pieds, la grande gardienne murmura les mots et ses filles dirent les chants. Ce fut une symphonie étourdissante et ensorcelante pour un homme tel que Jouron. Les larmes lui virent aux yeux et il ne put s’en défendre.

C’est alors que la licorne surgit de l’ombre. Elle s’élança vers eux, puis se cabra en pleine lumière et frappa le sol de ses antérieurs, avant de disparaître au grand galop. Jouron et Trailna s’approchèrent. Il creusa le sol et en déterra une conque, alors elle s’exclama :

« La Rouah ! La conque magique.»

La grande gardienne expliqua :

« C’est au plus profond de la forêt que tu dois te rendre. Souffle dans la conque et les sarrasines du « Nèvals » apparaîtront. Là-bas se trouve sans doute la réponse ! »

Elle désigna Sébilaine pour l’accompagner. Elle devait retrouver comme lui sa sœur, ensemble ils avaient à cœur d’aller au bout de leur quête. Ils se mirent en route immédiatement. Au petit matin, Sébilaine lui montra les plus vieux arbres qu’abritait la forêt, ils avaient atteint son cœur, l’origine de son expansion. Jouron s’inclina respectueusement. Une légende rapportait que toutes les créatures des bois étaient sorties du ventre de ces arbres. L’origine des hommes elle, découlait d’une désobéissance des Ours qui avaient voulu connaître le monde au-delà des terres millénaires.

Jouron eut une pensée pour ses pairs, pour son roi, son instructeur et solennellement pour son frère, puis il souffla dans la jonque. Alors, les grandes herses apparurent au milieu d’un brouillard glacial qui disparut sous l’effet des premiers rayons du soleil. Sébilaine s’exclama :

« Je suis Amazone carapace dans mon cœur jusqu’au bout de mes doigts, mandatée par la grande Gardienne afin de rencontrer le Haut fléau, faites passage ! »

Jouron ajouta :

« Je suis le Prince Ours Jouron, Elryne, la fille du roi et Léna, amazone, ont disparu. Ouvrez ! »

Alors, les herses crissèrent, et un homme s’avança. Lorsqu’elles furent levées, il déposa ses armes à ses pieds et, écartant les bras, dits :

« Je suis Jaelix, Chevalier Crinière. Prince Ours, Amazones Carapace, un grand malheur nous unit en ce jour. Notre fils Emgild a disparu ! Le Haut fléau et mon maître Dolk me demandent de rencontrer le peuple des montagnes du Spiror ! »

***

Ils s’étaient mis en route sans tarder. L’amazone les avait guidés hors de la forêt, plus vite qu’ils n’auraient pu le faire. Puis lorsqu’ils furent suffisamment avancés dans les plaines des licornes : Jouron enterra la conque. Avant d’entrer de nouveau sous les arbres au pied de la montagne du Spiror, chacun mit en terre trois graines d’arbres, enfin le Chevalier Crinière les mena à l’entrée du labyrinthe des géants. Ils n’eurent pas longtemps à chercher, alors qu’ils venaient d’allumer leurs flammèches, un homme aux yeux de serpent se présenta à eux :

« Les derniers Vampires du Spiror vous saluent, étrangers. Fennir sixième, précepteur du fils de Vancelas, vous présente ses respects. Que nous vaut votre visite ?»

Jouron prit la parole au nom du groupe :

« Mes respects Fennir. Voici Jaelix, Chevalier Crinière, Sébilaine, Amazone Carapace. Je me nomme Jouron, Prince Ours, fils du roi Dovon. Nous sommes chacun à la recherche d’un enfant et te prions de bien vouloir en informer Le grand Magistrat. »

Fennir semblait choqué, il répondit précipitamment :

« Lyf a échappé à ma vigilance la nuit dernière, je pars à sa recherche au-delà du désert des Dolk, suivez-moi ! »

Prochainement la suite : les enfants de Weln II...

Sandre TOARIIN Mai 2008

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