Une victime

Il y a cette vieille femme qui me regardait avant la représentation, une représentation de quoi, je ne sais pas. Y avait ces fameux rideaux rouges, qui cachent la scène, d’où suintent des bruits de bavardages. Je lui dis que mon costume me gêne, elle observe les différents pulls qui me couvrent et ne trouvent rien, alors je vais chercher le tout premier, celui qui colle à ma peau. Il est en laine rêche, très serrée au niveau des poignets. Et tout d’un coup, je réalise : c'est une layette ! Un tourbillon m’emportait vers mon passé alors que j’entendais la vieille femme s'exclamer :

« Comme tu dois être maigre ! »

Personne ne veut être une victime, pourtant ce morceau de rêve, me raconte combien j'ai habillé ma souffrance. C’est comme si chaque vêtement représentait la solution à un trauma : une solution de refuge. Le tourbillon était là, me portant dans l’étreinte de vents fort et étouffant et tout d’un coup je ressens le soleil à travers chaque pull. Il y a de la lumière. C’est la chaleur qui vient réchauffer mon âme, la toute première fois : une âme à nu, glacée d'être si frêle dans la nuit qui l'entoure. Une âme qui ne peut se protéger, car trop petite, trop innocente, sans aucune arme, même pas celle de la parole. Une âme qui vient de naitre au monde, un monde cruel et terrifiant.

« Personne ne va me croire ! » : dit la victime.

« Tout le monde va penser que j'ai fait quelque chose de mal, quelque chose qui permette de justifier ce que l'on m'a fait pour éviter de voir qu'il y a des monstres et des monstruosités qui opèrent sur ce monde et que chacun d'entre nous peut se faire attraper ».

Au travers de ce grand cyclone qui me chahute vers mon passé, me bouscule, me fait revivre des choses oubliées, je réalise que j'ai été victime ! Est-ce honteux ? Tout vous laisse à le croire. Qu’est-ce que je vais devenir ? Difficile d'être autre chose, quelqu’un d’autre, à partir du moment où la déclaration est faite. Aussi, je comprends pourquoi je me suis tue. Je me suis fui moi-même, je me suis cachée. Je m’en rappelle maintenant que j'ai vite compris que personne ne percevait ma souffrance, que personne ne pouvait évaluer celle-ci, que chacun avait maints et maints problèmes, qu'il gérait à sa façon et que les autres portaient rarement un secours, quand ils n'étaient pas justement à l'origine du « mal » vécu.

« Ris. Tout le monde rira avec toi. Pleure. Tu seras le seul à pleurer » dit un proverbe japonais.

Dans mon voyage, je m’interroge, entre le ciel et la terre, comme en apesanteur, ballottée par les images du passé, je me demande : une violence est-elle plus grave qu'une autre ? Plusieurs violences minimes les unes derrières les autres plus dévastatrices qu'un seul trauma ? Autant de questions pour réfléchir à ma condition d'être humain, à ce qui m’a été infligé, mais aussi à ce que nous infligeons aux autres... Je revois ceux qui jettent des œufs remplis d'encre à la figure de cet homme qui n’avait de grand que ce maudis portrait. Mao. Le seul d’entre eux dont les parents n’ont pas eu à payer la balle de son exécution n’est plus capable de penser.

Victime, comme nous le sommes tous un jour. À peine, un peu, beaucoup... toutes les fois ça fait mal, combien d’années pour s’en remettre vraiment, si l’on peut s’en remettre.

Et tous ses rêves, ses cauchemars, ses sueurs froides, ses moments où le cœur bat trop fort, trop vite sans raison apparente.

Elles se sont accumulé mes « fractures » au point de n'empêcher d'avancer, alors seulement j'ai été vidé mon sac chez les « psys » bien sûr. L'EMDR est la seule thérapie efficace à mes yeux. J'ai dû en faire beaucoup : Les approches, les techniques, le corpus de connaissances, la capacité du thérapeute étant si variées, si différentes. Il y en a même une qui m'a conviée au suicide, me laissant retourner à ma vie de tous les jours à nue. J'ai failli me jeter sous une voiture tellement le désespoir me mordait le ventre, pourtant j'ai un caractère fort. Ce jour-là, heureusement, j'avais un rendez-vous avec des amis ! Ils m'attendaient, ils m'ont « couverte » d'un nouveau pull et j'ai pu remercier cette dame, reprendre des forces avant de trouver quelqu'un d'autre.

Les amis ? Ils ont été rares, mais essentiels. Ils se sont souvent retrouvés impuissants devant moi et moi devant eux, désolée d'avoir bouleversé leur monde que je pensais refuge. Je les comprends : écouter, soutenir, béquiller sont des étapes difficiles lorsque l'amie se trouve victime, c'est bien pourquoi il existe des professionnels, malheureusement pas toujours aussi « pro » que ça.

Mais pourquoi tant de blessures direz-vous, il y a bien « une compulsion de répétition, non ? » Comme si avoir été blessé une fois vous donnait l'artefact ultime contre les blessures suivantes, ou comme ci cela vous désignait comme cible : « Là, elle, allons la blesser ! À moins que d'avoir pris un coup on se réveille soudain en se disant : « Trop bien recommençons ! ».

« Pidziest ! » dirait un ami.

J'ai lu un jour : « Nous sommes tous des proies : Proies faciles, difficiles, dangereuses. Il n'y a que dans le troisième cas qu'un prédateur passera son chemin, et encore... » Et j'ai fait des arts martiaux. Cela m'a donné un pas confiant, un regard sévère prompt à tenir à distance, mais cela m'a aussi fait comprendre qu'on est bien vulnérable. Un enfant ne peut dire « non » à un agresseur adulte, grandi il ne pourra pas faire plus quand l'agresseur a décidé de passer à l'acte.

Du coup il y a un quand même une sorte de profil ? « Trop bonne, trop conne » me dis-je à moi-même. Mais non, en premier lieu il n'y a rien : un manque de chance, être au mauvais endroit au mauvais moment, croiser la mauvaise personne, manquer de la défense auquel vous deviez avoir droit comme tout être vivant qui vient au monde innocemment (les orphelins Irlandais étaient à la merci de leurs bourreaux, eux et tant d'autres).

Avoir été victime cela veut dire que vos défenses ont brulée, que votre armure est brisée irréparable à vos pieds, que votre cœur bat dans votre main et que le seul moyen de rester en vie c'est de l'appareiller. Vous ne pourrez plus jamais avoir confiance « naturellement », vous ne pourrez plus jamais approcher vos semblables sans peur. Les toucher sera une épreuve, vous ouvrir à eux un calvaire.

Longtemps.

Puis petit à petit, vous vous apprivoiserez vous même, vous vous laisserez aller à faire confiance, mais toujours étreint d'une certaine inquiétude. Dernièrement celle-ci m’a amenée à penser que : « ma vie était un mensonge. Que je n'étais qu'une « calculatrice sur pattes ». Du coup, que faire ? L'accepter et toujours attendre d'être démasquée, rejetée, ou combattre, risquez de nier, de dissimuler encore ?

L'impasse.

Et c'est comme ça, tiraillé par tout ça, qu'en communauté vous guetterez le crachin de remarques au visage, la pluie de reproches dans le cou, l'éclair dans le dos, la tempête d'injures qui scie les jambes, le tsunami fatal. Immanquablement vous repérerez l'avis de mauvais temps et sans plus attendre, vous mettrez votre langue dans votre poche, prenez vos jambes à votre cou, tournez le dos à tous et à tout.

Si je suis une victime, légèrement égratigné ou marqué au fer rouge, une ou plusieurs fois, pouvons-nous y faire quelque chose ?

Après une « blessure », il n'y a pas grand choix : vous vous effondrez (parfois c’est trop violent, vous ne vous en sortez pas, fin de l’histoire), vous vous rebellez (devenir bourreau soit même, quel bel avenir), vous niez (un jour vous tombez, tout le monde s'étonne, c'est trop tard personne ne saura), vous faites intervenir la justice (bon courage, bonne culpabilisation, mais on ne sait jamais il paraît que cela porte pour certain un mieux). Dire que dans le cas d’un viol, l’agresseur donne de l'argent, contraint par un jugement ! L’état un proxénète, qui fait d’une victime une « Pute étatique » ?

Bref, vous vous soignez. Vous êtes un adulte vacciné, quel chemin parcouru pour trouver enfin de l'aide et quel chemin encore pour repartir droit, mais avant ça, souvent : vous mettez ce que j’appelle : un pull !

C'est une fuite, c'est comme un déni direz-vous. Oui, vous ne soignez pas l'être en dedans, vous lui apportez juste de quoi tenir un peu plus longtemps, vous évitez aussi d'être stigmatisée, montrée du doigt, encore plus à nue. C'est aussi le temps du deuil, de l'acceptation si vite camouflée aujourd'hui par des cachets.

Un pull c'est un peu de chaleur sur le froid de mon cœur, un peu de douceur sur mon âme à vif. Je trouve que la tristesse, la colère qui s'ensuit, la haine, la peur, tout ça c'est plus facile à vivre avec ce repli vers soi-même, ce confort qu'offre le pull.

L'énergie, l’élan vital n'est plus là, mais la laine m’emmaillote, le temps d'attendre de pouvoir tout revoir, de pouvoir se mettre « en travail » et reconsidérer l'ouvrage, maille après maille, défaire l'insoutenable.

Rembobiner le fil, toucher aux souvenirs chauds, mais moins brulants. Et la bobine reconstruite, pouvoir la jeter loin de moi, dans l’espoir de me sentir libérée. Comme si la souffrance pouvait devenir un vieux vêtement qui va trouver sa place dans le placard et se faire grignoter par les mites. Témoins d'une histoire passée qui ne peut plus me toucher.

Lorsqu'on est enfant, que s'offrir d'autre ?

Peut-être bien aussi des rêves :

Croire qu'une fée bleue va venir changer tout ça : un jour on sera réparé, comme tout le monde.

Croire que les bottes de sept lieux vont vous emporter au loin (je ne souviens de mes fugues, mais mes jambes n’étaient jamais assez grandes).

Croire que les méchants peuvent changer (et tenter de se changer soi-même : on a bien dû être méchant quelque part pour en arriver là ? Toujours ces interrogations qui me rongent).

Avoir la foi des autres (se réfugier sous un dogme et prendre peur. Alors que l'on pensait qu'ils éprouvaient ce qu'ils disaient, qu'ils tentaient de le mettre à l'œuvre dans ce monde, voir leurs mensonges puis les voir juste comme de simples hommes aussi blessés et perturbés que les autres qui se raccrochent à des branches, quittent à les inventer).

Croire au conte, à la transformation ultime : le petit canard en cygne ! Encore faut-il pourvoir apprendre à voler, s'est encore s'illusionner pourtant souvent la force vient de l'adage :

« le gentil triomphe toujours ! » Bien souvent tout de même le méchant périt, mais dans la vraie vie comment y échapper ? Certainement pas en tuant son bourreau, problème...

Alors fuir, seule possibilité des faibles. Tout quitter, encore des déchirures, et l'on emmène avec soi la peur de croiser le chemin de l'autre, si déjà il ne cherche pas à vous retrouver...

Mais bon, mettre un pull c'est palier à l'urgence, c'est prendre un temps pour avoir du recul sur la situation tout en restant debout. C'est nier sans doute un peu pour se soulager et attaquer le sujet plus tard, je l'ai dit obligatoirement, un jour, il faudra déterrer le cadavre. Tarder à revenir « à la douche », préférer le confort de la mise à distance, entraine souvent la découverte du sous-pull. Car il y a ce que j'appellerais : une mise en condition. Vous avez survécu, implique que vous avez été sensibilisé, que vous vous étés adapté pour continuer, bref, vous, vous voyez que vous portez le pull, vous n'êtes pas dupe, et vous n'êtes toujours pas « armée ».

Je le sais, le pull ça vous donne des forces et aussi vous rajoute un handicap.

Mettre un pull c'est oublié quelque temps la douleur, c'est faire comme tout le monde et en obtenir un peu de paix, mais c'est aussi marcher « tout laid », encore plus démuni que jamais. Il paraît que les femmes enceintes mettent des pulls larges pour dissimuler leur ventre naissant. Il paraît que les bourreaux repèrent ça (les pulls, pas les femmes enceintes !) : La protection de soi, par distance, agressivité ou évitement : assurément les marques d'une fragilité.

Comme la gentillesse qui est le signe d'un probable : « acceptez-moi sans poser de questions ».

La foi qui peut dénoter un : « je te donnerai du crédit, même si tu n'en a pas. Car je veux croire et surtout appliquer la charité qui doit être mon devoir…

L’endoctrinement : “je serai un bourreau pour une déité, créé par des idées, qui se nourrissent des peurs. ” No comment.

La volonté, intrinsèque de prendre un nouveau départ, celle qui dit : “cette fois je veux réussir dans ma relation”.

Et par-dessus tout : L'autocritique négative, poison absorbé de force : “Tout est sans doute ma faute”. Oui, ils voient ça, les “crocodiles, les vampires, les ogres...”, comme autant d'invitation à agir impunément, juste en passant, ou aussi longtemps que possible. Et moi qui mets pull après pull !

Mais tout de même, il y a résistance. Ceux qui ont des pulls savent. Ils ne vont pas laisser les autres sans défense, ils ne vont pas fermer les yeux comme le reste du troupeau. Ils vont tout de suite repérer le piège, la fausse intention, le coup fourré qu'il soit de la part d'un individu, d'un groupe ou même d'un état. Ils ne peuvent cautionner que d'autres êtres humains doivent rapidement apprendre le tricot !

Alors, ils ouvrent leur bouche quand ils peuvent et se retrouvent à la mauvaise place. Car ils dérangent, et dès que l'on trouvera chez eux une faille, elle sera exploitée, lâchement. Un type qui porte un pull au milieu des costards, des blousons noirs, ou face à une blouse blanche, ben il est bizarre, non ? Sortir du lot c'est toujours s'exposer, ça vous colle à la peau c'est comme ça.

Du coup si quelqu'un de bien intentionné s'approche vraiment près, il finit par voir les super couches. Il peut les accepter sans poser de question, il peut vouloir monter le chauffage, il peut proposer un voyage en été au bord de la mer, mais quoiqu'il fasse immanquablement à un moment il réveille la douleur. Ces bonnes intentions sont comme des baumes parfumés que l'on voudrait me passer immédiatement sur la peau, mais la vision du corps décharné qui tient miraculeusement debout, l’effraie.

J’en ai effrayé des gens, aussi je m’en tiens loin. Si je témoigne, c’est dans l’espoir que ça aide les porteurs de pull. Car souvent, comme un voleur, le petit porteur de pull s'enfuit avec la marchandise. Les marques de respect, les attentions, les douceurs, l’écoute que nous rencontrons tout de même. Nous en pleurons de joie à l'abri des regards, inquiétant encore une fois.

Il se peut aussi que tout ce petit peuple habillé étrangement se retrouve, mais par un drôle de procédé, chacun voit chez les autres les vêtements qui aurait pu lui aller et fait des échanges. L'un veut se trouver plus beau que les autres, il veut briller vis-à-vis d'un jeu où tous ont été perdants, il cherche juste à se rassurer, à se rhabiller plus dignement, à prouver sa valeur, mais cela fait tellement de temps qu'il ne sait plus qu'il en a qu'il fait un peu tout de travers. Et la honte le prend encore, ou bien c'est la peur ou carrément il n'y croit pas : trop beau pour y avoir droit, pour durer, pour être vrai. Aussi au pire, ils s'éloignent les uns des autres, au mieux ils s'assoient en rond et ne savent plus quoi se dirent. Tant qu'ils ne se font pas revivre ce qu'ils ont dû endurer ! J’ai du mal à dire je, j’essaie d’être généraliste, pas facile je suis trop défaitiste, parfois : je, nous, ils trouvent à communiquer. Ce qu’il leur faut surtout c'est être (avec ou sans pull) ou se montrer : intelligent, c'est à dire : capable de faire la part des choses, de prendre du recul, d'analyser, d'être objectif, rationnel. Il leur faut, il me faut de l'affection, de la patience, donner en échange de l'attention, du respect, les trucs qui m’ont fait défaut et dont je sais combien ils sont précieux. Je suis comme certains tout de travers, emmaillotée au possible, mal fagotée, je repousse par mes aller-retour, mes plaintes, et que dire de leur haine mal dirigée ! La froideur, l'indifférence, on connaît par cœur je vous dis, cela n'aide pas à se dévêtir.

Il y a quelques années certains (autorisés dans les milieux autorisés) ont dit qu'une victime avec un pull s'appelait une “résiliente” comme c'est joli ! Cela voulait dire qu'après un coup du sort une personne savait rebondir.

Parce qu'avant : l’idée (qui a encore cours) c'était que si vous deveniez un monstre, vous aviez eu une enfance difficile (on vous avait délaissé, brimé, abusé, un peu souvent tout à la fois). Si vous alliez bien adulte, vous échappiez aux statistiques. Cela revenait à dire que vous n'existiez pas. Que vos problèmes passés n'étaient pas si graves, que vous vous la racontiez, pour reprendre mon expression du début : taisez-vous donc avec vos pulls trop moches ! Pourquoi remuer le passé, c'est passé ! Votre harceleur, votre violeur, votre bourreau courent encore ? Voyons, ils ont dû avoir une enfance pire que la vôtre !

Maintenant on est autorisé à parler dans les milieux adéquats, même encouragé : “Ho, la belle forme de résilience ! Bravo, félicitation, merci, au revoir”. Mais je suis trop cynique, passons : “Je ne te crains plus grand moche, mon cœur est pur comme de l'eau de roche !”

Parlons de solutions : qu'est-ce qui nous permet de ne pas trop tricoter ?

Résumons :

Le soutien des autres, ceux qui n'ont pas peur d'avoir les yeux ouverts, d'écouter, de dire.

La complicité d'un animal (combien de pleurs essuyés contre le flanc d'un cheval, avec le ronron du chat ou la fourrure d’un chien. Ils vous donnent leur affection et bouffe la pelote de laine au passage, car ils ne jugent pas, eux.)

La confiance d'un instit ou d'un prof qui lui ne pense pas que vous soyez nulle, à jeter ou indigne d'attention.

La lecture, ou certain dessins animés ou film, combien la souffrance des autres, leur galère puis leur victoire sur l'adversité peuvent rendre courage, donner de l'énergie, la force de patienter, d'endurer ces propres orages.

Le groupe d'amis ou sportifs ou de travail (de l’adrénaline, des idées de patron différent, des défis à relever).

Des gens qui rient, qui partagent une activité, et là, rien d'autre ne compte que le plaisir d'exister ensemble, de faire un truc même futile, inutile, parfois fatigant, peu importe, mais un truc concret dans l'échange.

Les paroles d'un inconnu, plus tard d'un spécialiste, celui qui par son regard extérieur vous donne tout à coup une autre vision de vous-même, ou du problème, ou témoigne de ce qu'il sait lui sur le “après”.

Ou bien toujours dans le même lieu comme un cadeau, un moment de pose ou quelque chose se plante là et balisera plus tard un chemin, une vision éclairé de ce vers quoi l'on va, de ce à quoi l'on aspire.

Un dernier truc qui marche du tonnerre : l’AMOUR, même de quelqu'un qui n'en sait rien, même d'une figure fantasmée parce que ce modèle, celui à qui on veut ressembler, celui pour qui on aimerait plaire un jour, celui-là nous donne la possibilité de nous construire idéalement, en tous cas d'aspirer à...

Du coup ce qui aide c'est surtout une façon de voir les choses : avoir une passion, s'accrocher à une activité, développer son imagination, aller vers les autres, chercher ceux qui vous correspond, cultiver la confiance en soi et en celle : qu'après la pluie revient toujours le beau temps.

Trouver un côté positif, ou un truc agréable dans chaque jour qui passe.

Il y a bien d'autres “recettes” pour rester du côté de la vie, le côté fun de la plage, je chercher encore. Plus j’ai de quoi m’accrocher aux branches, moins ma chute est grave.

Il y a surement d'autres choses à te dire, d'autres options, d’autres passages, d'autres relais. Chacun cherche à sa façon, chacun se soigne comme il peut, dès fois deux âmes se retrouvent et se font vraiment du bien, c'est ce que je souhaite à tous, c’est ce que je te souhaite à toi qui me regardes sans bouger. Toi, qui m’a forcé à parler.

Une victime ! Heureusement je ne suis pas que ça. Une identité ne se définit pas essentiellement à ses manques, ses troubles, son histoire passée. Elle se fait jour après jour aussi des bonnes expériences, nous sommes tellement plus que ça. Le truc c'est de découvrir, redécouvrir qui nous sommes.

Au regard de mon rêve, je me rends compte du chemin que j'ai encore à parcourir. Il y a des blessures que je n'ai pas encore osé regarder en face et aujourd'hui je suis bien forcée d'admettre qu'il est urgent que je lâche prise, que j'accepte de me dévêtir un peu. Mon corps, jusque dans mon sang (lien aux parents ?) me cri de faire une pause, en me menaçant de se retourner contre moi. Il faut que j'arrête de mettre ces “cache-misère”, que je trouve de quoi me nourrir un peu mieux, et ainsi calmer la famine sentimentale qui me guette, entre autres choses.

Je les ai aimés ses pulls ? Je dois les remercier ! Leur dire que l’orage est fini, que le soleil m'attend. Je n’espère qu’une chose me révéler sans honte et que les autres fassent comme moi :

“Ce n’étaient pas de notre faute !”

Voilà toute l’histoire, une partie de mon histoire, une apologie du pull.

Aller rentre chez toi, n’ai pas peur de bouger, ne les laisse pas gagner :

“Un pull ? C'est un vêtement d’hiver trop nul pour être porté toute une vie !”

Sandre TOARIIN 13/11/ 2015 - Hommage aux victimes.

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